Bienheureux Antoine-Constant Auriel, prêtre et martyr

Antoine-Constant Auriel est né à Manobre (dépendant alors de Fajoles, au diocèse de Cahors) le 19 avril 1764. Il est l’aîné de sept enfants. Dès le lendemain de sa naissance, il est baptisé par son oncle, l’abbé Lespinasse, curé de la paroisse. Après des études de théologie au grand séminaire de Cahors, il est ordonné prêtre le 29 novembre 1790, peu avant le décret de l’Assemblée nationale du 26 décembre 1790, imposant au clergé de prêter le serment constitutionnel, tendant à séparer de Rome l’Église de France. Vicaire du curé de Calviac, il est arrêté le 28 avril 1792, accusé d’avoir donné la bénédiction nuptiale à deux citoyens déjà mariés par le curé constitutionnel de Carsac. Considérant que "le délit n’est pas mérité", il est relâché par le Tribunal et revient à Calviac. Mais, le 10 novembre 1793, il doit se présenter, à nouveau, avec d’autres prêtres, à Périgueux pour ne pas avoir signé le serment constitutionnel. Prêtre réfractaire, et donc considéré comme suspect, il doit rester "à disposition de la justice pour arrestation, embarquement et déportation". Le 11 décembre 1793, avec une cinquantaine de prêtres, il est convoyé à pied, de gendarmerie en gendarmerie, de Périgueux à Rochefort. Antoine-Constant est transféré le 25 mars 1794 à bord du bateau négrier "Les Deux Associés". Dans un entrepont de quarante places, quatre cents prêtres sont entassés. Au fil des semaines, les conditions à bord se dégradent par l’arrivée de nombreuses maladies : gale, scorbut, dysenteries. Pour essayer de circonscrire la contamination, on amarre à côté des navires, deux chaloupes qui servent d’hôpital. On y met les malades les plus atteints, les prêtres volontaires servant d’infirmiers. C’est dans cet emploi qu’Antoine-Constant va se distinguer. L’un des survivants, l’abbé Labiche de Limoges, témoignera : "Constant, du diocèse de Cahors fut l’un des premiers qui donna l’exemple de se sacrifier pour ses frères dans le périlleux emploi d’infirmier. Nous le regrettâmes unanimement. C’était un très aimable homme, doué d’un cœur sensible et d’une belle âme. Son extérieur tout seul prévenait singulièrement en sa faveur". Une nouvelle épidémie de choléra et de typhus emportera Antoine-Constant Auriel le 16 juin 1794. Il sera enterré à l’île d’Aix.

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