Saint Cyr, martyr

Saint CyrIl y avait à Tarse (Turquie), dit sa légende, un juge nommé Alexandre dont tout le bonheur était de condamner les chrétiens à mort. Or, un jour, un petit garçon de cinq ans nommé Cyr et qui voulait absolument être martyr se glissa furtivement jusqu'à l'estrade et vint embrasser par-derrière Alexandre, lui criant dans le cou et aux oreilles : « Je suis chrétien, moi aussi je suis chrétien ! » On imagine l'ahurissement du juge sur son siège et la joie des assistants. Il fallut plus d'une demi-heure pour attraper le garçonnet qui, agile comme un chat, se faufilait sous les meubles, se cachait derrière les statues sans cesser de crier : « Je suis chrétien, je suis chrétien ! ». Ce fut finalement le juge qui l'attrapa et, devenu enragé, lui fracassa la tête contre la muraille en le prenant par la jambe. Cyr devint rapidement célèbre dans tout l'Empire. Ses reliques présentes en France donnèrent son nom à plus d'une localité. On vénère le même jour sa mère, sainte Julitte ou Julienne.

Saint Aurélien d’Arles

Aurélien naît en 499 dans une famille aristocratique burgonde illustrée par son grand-père, saint Rustique, son père, Sacerdos, et son cousin germain saint Nizier (qui seront tous trois archevêques de Lyon, respectivement de 494 à 501, de 542 à 552 et de 553 à 573).

Lui-même sera placé en 546 sur le siège prestigieux d’Arles, qui jouit du pallium et d’un « vicariat » sur les Gaules, par la grâce de Childebert Ier roi des Francs. A Arles, Aurélien déploie une intense activité, il fonde en 548 le monastère des Saints-Apôtres en bordure de ville et un autre dans les murs pour les femmes, qu’il dote de règles d’inspiration bénédictine. Il participe au concile d’Orléans en 549. On voit encore Aurélien intervenir auprès du pape Vigile retenu à Constantinople et pressé par l’empereur Justinien de céder sur la question des « Trois chapitres », en marge de la querelle du monophysisme ; il reçoit du pape une réponse datée du 29 avril 550. Appelé par Childebert, il meurt en chemin en 551 et est inhumé à Lyon dans l’église Saint-Nizier.

Bienheureux Antoine-Constant Auriel, prêtre et martyr

Antoine-Constant Auriel est né à Manobre (dépendant alors de Fajoles, au diocèse de Cahors) le 19 avril 1764. Il est l’aîné de sept enfants. Dès le lendemain de sa naissance, il est baptisé par son oncle, l’abbé Lespinasse, curé de la paroisse. Après des études de théologie au grand séminaire de Cahors, il est ordonné prêtre le 29 novembre 1790, peu avant le décret de l’Assemblée nationale du 26 décembre 1790, imposant au clergé de prêter le serment constitutionnel, tendant à séparer de Rome l’Église de France. Vicaire du curé de Calviac, il est arrêté le 28 avril 1792, accusé d’avoir donné la bénédiction nuptiale à deux citoyens déjà mariés par le curé constitutionnel de Carsac. Considérant que "le délit n’est pas mérité", il est relâché par le Tribunal et revient à Calviac. Mais, le 10 novembre 1793, il doit se présenter, à nouveau, avec d’autres prêtres, à Périgueux pour ne pas avoir signé le serment constitutionnel. Prêtre réfractaire, et donc considéré comme suspect, il doit rester "à disposition de la justice pour arrestation, embarquement et déportation". Le 11 décembre 1793, avec une cinquantaine de prêtres, il est convoyé à pied, de gendarmerie en gendarmerie, de Périgueux à Rochefort. Antoine-Constant est transféré le 25 mars 1794 à bord du bateau négrier "Les Deux Associés". Dans un entrepont de quarante places, quatre cents prêtres sont entassés. Au fil des semaines, les conditions à bord se dégradent par l’arrivée de nombreuses maladies : gale, scorbut, dysenteries. Pour essayer de circonscrire la contamination, on amarre à côté des navires, deux chaloupes qui servent d’hôpital. On y met les malades les plus atteints, les prêtres volontaires servant d’infirmiers. C’est dans cet emploi qu’Antoine-Constant va se distinguer. L’un des survivants, l’abbé Labiche de Limoges, témoignera : "Constant, du diocèse de Cahors fut l’un des premiers qui donna l’exemple de se sacrifier pour ses frères dans le périlleux emploi d’infirmier. Nous le regrettâmes unanimement. C’était un très aimable homme, doué d’un cœur sensible et d’une belle âme. Son extérieur tout seul prévenait singulièrement en sa faveur". Une nouvelle épidémie de choléra et de typhus emportera Antoine-Constant Auriel le 16 juin 1794. Il sera enterré à l’île d’Aix.

Samedi 08 Mai 2021
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